Topo-Guide : Descente du Canyon de Coiserette dans le Jura

Le Tacon, principal affluent de la Bienne, descend plein nord pour rejoindre Saint-Claude dans le Jura. Depuis les Roches d’Orvaz, il a patiemment creusé une longue et douce vallée sans surprise. Cependant, par trois fois, sous le village de Coiserette, bien dissimulé dans l’abondante végétation, une cathédrale de pierres accueille ses eaux folles dans ce qu’il convient d’appeler au delà d’une descente : un Canyon.

Topo-Guide : Descente du Canyon de Coiserette dans le Jura

Topo-Guide : Descente du Canyon de Coiserette dans le Jura

 

 

La Descente du Canyon de Coiserette dans le Jura

SITUATION

  • Département : Jura
  • Communes : Coiserette, Coyrière, Villard-Saint-Sauveur
  • Affluent rive gauche de la Bienne au sud de Saint-Claude
  • Carte I.G.N. 1/25000 N°3328 Ouest Saint-Claude

DIMENSIONS

  • Longueur : 1400 m
  • Altitude de départ : 620 m
  • Altitude d’arrivée : 520 m
  • Dénivelé : 100 m

 

ACCÈS

De Saint-Claude, prendre la D124 en direction des Bouchoux, puis descendre la D290 jusqu’à Coiserette. Garer les véhicules dans le virage en S bien marqué une centaine de mètres avant les premières maisons du village. Le canyon débute par une première cascade située en contrebas du champs, bien visible depuis la route.

La course terminée remonter le sentier en RG pour rejoindre la route qui mène aux voitures. Marche retour de 40 minutes.

 

CARACTÈRE AQUATIQUE

La Tacon est un torrent au débit parfois assez important. Le canyon n’est praticable qu’en basses eaux. La progression est extrêmement aquatique, les immersions y sont nombreuses. Quelques jolis sauts sont possibles (prendre les précautions d’usage) et pimentent cette ballade géniale au cœur de l’érosion tourbillonnaire. Attention toutefois à la présence de nombreuses branches et troncs qui encombrent malencontreusement certaines vasques.

 

ENGAGEMENT – DIFFICULTÉS

Nous sommes là dans un canyon très étroit, profond, sombre, au débit parfois important, et presque sans échappatoires.

La prudence s’impose donc une fois la première corde retirée.

La dimension impressionnante  des barrages de troncs fait également réfléchir, en sachant qu’ils peuvent stopper la progression s’ils se révèlent infranchissables.

Se méfier des orages provenant du Sud qui chargent le bassin versant (163 km2). Après chaque crue, la topographie est susceptible d’évoluer au point de rendre la descente périlleuse.

MATÉRIEL

  • Cordes adaptées pour franchir C25
  • Combinaison néoprène

ÉQUIPEMENT

  • Fiable : broches inox scellées, Spits.

HORAIRES

  • Horaire moyen : 3h
  • H.O.D. : 12h

GÉOLOGIE

Calcaire

 

HISTOIRE

  • La première exploration « moderne » serait effectuée par des spéléos d’Oyonnax et de Saint-Claude vers 1975
  • Rééquipement : D.GUYETAN – J.L. LACROIX en 1991

La descriptions reflète l’ambiance du lieu. Il serait dangereux de fournir une carte détaillée à suivre au mot près, car chaque décision se prend selon des critères qui dépassent largement le plus précis des topo. Si elle vous parait incomplète, c’est sans doute que votre niveau de pratique est insuffisant : vous devez vous former !

 

DESCRIPTION

Le cours tranquille du Tacon est brusquement interrompu par une première et magnifique cascade de 20 mètres. Celle-ci se précipite dans un vaste effondrement dont le fond est en partie occupé par un bassin à la profondeur variable d’une année sur l’autre. On amarrera la corde sur un arbre en RD. Il est possible également de désescalader la pente en rive gauche, pour envisager un saut de 5 m si la hauteur d’eau le permet : attention ! On pourrait croire à première vue que nous sommes ici en présence d’un gouffre perte, si un étroit méandre ouvert ne venait démontrer le contraire. Ce méandre aux dimensions impressionnantes pour la région (largeur à la base : 1 m ; hauteur : 15 à 35 m) débute par une cascade de 8 mètres. La suite, magnifique, nous fait progresser à la nage, en escalade et désescalade. Théoriquement, aucune verticale notable ne nécessite désormais l’emploi d’une corde. Toutefois, un énorme barrage de troncs qu’il faut franchir, soit en le traversant par le bas (dangereux, rarement possible) soit en l’escaladant (chose parfois impossible : attention !) impose au-delà une petite descente sur corde (amarrage sur un tronc coincé ou pose de Spits). Au bout de 300 mètres la gorge s’évase un peut (largeur : 5 à 10 m) jusqu’à disparaitre complètement (échappatoire).

Une centaine de mètres de marche horizontale nous mène alors à la deuxième partie du canyon, moins encaissée, elle est aussi très aquatique, et sans difficultés majeures (pas de descente sur corde obligatoires). Quelques jolis sauts latéraux sont possibles. En basses eaux, une arche rocheuse à fleur d’eau se franchit facilement à la nage.

La gorge s’évase une nouvelle fois (échappatoire), et environ 150 mètres de marche horizontale nous conduisent à la dernière partie de la course. Deux ressauts de 2 mètres annoncent un long bief profond. Puis les parois se resserrent et une cascade de 5 mètres se franchit prudemment. Immédiatement, une nouvelle cascade inclinée de 5 mètres nous livre la partie la plus étroite du canyon (largeur 0,20 à 1 mètre !). Enfin, un ressaut de 2 mètres suivi d’un long défilé étroit en eau profonde marque la fin de la course. Retour à la route par un sentier en RG en 40 minutes.

 

RÉFÉRENCES

« Cascades, Gorges et Canyons du Haut-Jura » (éditions Édisud, auteurs : D.GUYETAN – J.L. LACROIX, 1992)

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